Concours de poésie « Haut le Verbe » (2012)

Posté le 8 décembre 2014 par bernardlherbier dans Concours "Haut le Verbe !"

intenses

 

* Les lauréats

{YANNICK  TORLINI}

 

I-Inventaire infinitif

 

commencer d’un jour à l’autre pourtant commencer dans un jour qui ne s’écrit plus ni l’autre pourtant

ces jours encore le oui dans le nom ces jours fatigués encore fatigués ces jours

oui ces jours encore

faits de passages en passages circulations des vides (nous) et du désir un jour ni l’autre pourtant (nous)

un jour ni l’autre commencer pourtant commencer par un infinitif ce qui ne peut s’écrire (non)

commencer non pas commencer (oui) l’infinitif des jours jamais commencer oui non pas (oui)

dans un ton élégiaque un infinitif pourtant ne peut s’écrire ne peut non pas

dans un ton qui n’a été que trop élégiaque non pas (définitif) commencer non pas

commencer ni se taire ni cesser à jamais toujours commencer et recommencer

tasses de café après tasses de café ennui après ennui le corps tout un tassement à refaire tasses de café

un corps à remplir habiter tas de vieux linge sale à remplir un corps tassement (à habiter) sur un corps tassement encore

de tasses de café en tasses de café sans pensée

et sans cesse

et sans cesse et de vide en vide et les écorchures et ce qui ne se tait pas non et

des mots vois-tu des mots à ne plus savoir quoi en foutre des mots vois-tu comme des tasses de café bouilli

des mots vois-tu il n’y en a que trop dans la syntaxe bien taisante de chaque matin chaque jour

des mots vois-tu

tasses de café après tasses de café une incertitude un vacillement dans une chronologie statique chaque jour

des mots vois-tu des mots chaque jour que nous habitons des mots (oui) vois-tu

ce qui ne pourra jamais s’écrire mais pourtant se tracer alors que dehors les chiens crèvent alors que dehors (vois-tu)

piégés dans leur faim et mon corps les chiens crèvent dehors un tassement à recommencer piégés

vois-tu

les chiens morts (et nous) les chiens des jours présents (et nous) et qui se succèdent

dans ce chemin sans cesse à refaire les chiens qui me dévorent et que je dévore gueule de bois que je dévore

les chiens de l’aujourd’hui sans fin et à jamais l’aujourd’hui recommencé identique me dévore

gueule de bois toujours à l’identique au fond du ressassement de la douleur et des veines qui circulent quoi

ce chemin hors de tout chemin ce chemin que je recherche

hors du temps et dans la langue pas de répit pas de répit pour ce qui ne fait que mourir au quotidien pas de répit pour quoi

quarante heures par semaine le corps démembré dévoré quarante heures par semaine oui

ce qui ne pourra que se tracer en travers de

la langue gelée quarante heures par semaine sa disparition au fond de corps tracer en travers de corps tracer

en travers

d’un jour à l’autre commencer dans l’infinitif de ce jour comme la mort d’un chien quarante heures semaine

en travers de

la peau et les os tout un hiver à reconstruire la peau et les os dans ce qui sert de poumon

en travers d’

un infinitif pour taire ce qui ne passe pas et les courbatures et la fatigue du début de jour un infinitif

sert de poumon (pourtant)

définitif et durable matin-café soir-télévision la peau et les os vidés vivre à l’emporte-pièces

quarante heures par semaine ma langue bouffée quarante heures et plus la nuit durable

ce jour qui ne peut plus s’écrire dans un ton élégiaque mais dans un infinitif présent ce jour quarante heures et plus la nuit

(ne jamais commencer ne pas cesser de commencer)

 

II. Une autre histoire de corps

 

et ça ne peut plus et (ça ne peut plus) s’agripper dans un temps toujours autre s’agripper

os après os entrailles après ent(r)ailles ça ne peut plus

retenir le son d’un corps qui tombe quarante heures par semaine ça ne peut plus et la faim et l’attente

l’errance domestique ça ne peut plus (s’agripper encore)

le corps qui tombe dans son propre vide chaque jour un matin ça ne peut plus ça ne veut plus

une histoire d’articulation(s) vivre à l’infinitif présent une histoire de corps dans

le corps qui tombe sans cesse dans son trou sans cesse le corps est un trou qui ne peut plus le corps sans cesse

ça ne peut plus et malgré les efforts garder la tête hors de l’eau ça ne peut plus un matin et

les efforts et

la rouille et la moisissure ça ne peut plus dans l’évitement du vivre et exister et articuler

l’évitement généralisé du vivre et exister et bouffer et être bouffé l’hiver des chiens qui crèvent

l’hiver ça ne peut plus à petit feu les courbatures l’hiver la nuit et ce(ux) qui meur(en)t

à petit feu dans chaque matin traverser et se heurter aux murs du corps ça ne peut plus

chaque matin se heurter chaque matin chercher une autre histoire non pas infinitive

quarante heures semaine chaque matin ça ne peut plus

langue encore langue toujours un fruit poussant loin de l’arbre (corps) et de branche en branche (taire)

le fruit malgré l’hiver stérile ça ne peut plus malgré

le fait d’être là par contradiction le fait d’être la contradiction qui chaque matin ne peut plus et l’hiver et

la contradiction du corps

l’hiver gagne du terrain de ta bouche à ma bouche l’infinitif présent de nous parlons (taire)

un corps s’engloutit dans son trou d’abord tête puis membres puis tronc puis respiration

écrire une autre histoire de corps écrire

de ta bouche à ma bouche une circulation de ce qui ne peut plus s’écrire du fond des jours salariés

une autre histoire de corps

quarante heures par semaine et plus et la faim qui gagne et le regard qui crève quarante heures par semaine le corps

image après image chercher un autre temps pour taire un autre temps (oui) un autre corps pour

taire un autre corps (dire une autre histoire)

dans le trou de corps s’enfermer attendre un hiver sans fin ça ne peut plus

en travers de chaque instant et chaque solitude surpeuplée quarante heures par semaine et plus

dans chaque solitude

il s’agit de trouver une autre façon de taire une autre façon de

 

 III. Chercher respirer

 

quarante heures et encore chaque instant chaque solitude quarante heures et encore

parasiter la langue déroulée infinitif présent la langue étouffement parasiter dérouler infinitif quarante heures

les jours au rythme de chaque instant mourir (parasiter) dérouter dérouler ni plus ni moins

les alvéoles et la neige encombre le hoquet traversant tout corps et souffle encombre

traversant encombre

quarante heures par semaine et plus et plus et plus quarante heures et encombre

la neige parasiter la langue et la langue et la langue parasiter oxygène la fatigue qui parasiter ce froid

et la langue et la langue et la langue dans ce froid

chercher l’oxygène respirer ne pas arrêter et chaque jour et chaque corps et chaque jamais crever chaque jamais

chaque jour parasiter le peu de vivre chercher-respirer parasiter la possibilité

du peu de vivre ni plus ni moins que l’ombre de l’ombre dans la succession asthmatique des instants

possibilité chaque matin la nuit

asthmatique un peu plus chaque matin six heures chaque soir dix-huit heures les gravats qui s’entassent oxygène s’entasse

dans ma bouche un effort pour trouver le ton (asthmatique) qui pourrait traverser cette époque taisante (parasiter) chercher

(bouche gravats dans bouche)

(ne pas étouffer chercher la sortie de la nuit la sortie des voies respiratoires chercher respirer chercher la sortie)

la respiration qui gagne peu à peu la fatigue du corps parasiter-respirer pour

nous n’avons rien à dire mais nous ne cessons pas d’articuler face à ce(ux) qui nous tue(nt) face à

la guerre ouverte du vivre la guerre ouverte du poumon contre la langue et la tête et la pensée asthmatique et

la nuit sans issue la nuit encore espacer le dire la nuit sans issue la nuit encore

la guerre ouverte du vivre chercher-respirer face

à ceux sans respiration sans présence parasitaires riens quarante heures par semaine quarante heures

seulement et toujours plus (guerre ouverte)

chaque matin recommencer infinitif présent mais rien à faire rien n’y fait infinitif rien

alors que la neige dehors recouvre ces chiens nous dévorent et la nuit n’en finit pas

infinitif rien

le poumon qui cherche et crève dans la nuit n’en finit pas chiens parasites oxygène nuit infinitive

alors que la neige dehors n’a jamais cessé et nous nous enterrons (chiens morts chiens morts)

ne cessera peut-être pas ne cessera

qu’il faudrait une vie entière pour écrire un mot un seul mot capable de dire ou taire la nuit présente (infinitive) capable de

dire ou taire et de nous taire et de nous respirer et de nous infliger la divergence du fond de la nuit

(une vie entière afin)

de respirer de chercher à nous nous accrochons fragilité d’une cage à respirer la nuit présente et suspendue cage

sa cruauté l’hiver quatre saisons infinitif présent salariat de la pensée parasiter l’époque cage infinitive

parasiter-respirer sans cesse survivre son tas de chair os et alvéoles ses amas la nuit

ne passe pas et la douleur à inventer la douleur comme on allume un contre-feu pour

en silence quarante heures par semaine et plus hurler la cage thoracique inventer pour parasiter pour

respirer la douleur contre la douleur le souffle contre

le souffle qui nous respire contre-feu du fond de nos enfermements trouver un autre ton un autre souffle un autre

oxygène infinitif guerre ouverte chaque matin guerre ouverte la tête baissée chaque matin se répéter guerre

ouverte se répéter guerre

tête baissée guerre tête baissée inspiration chercher ne pas s’abandonner à la fatigue chercher

infinitif présent (guerre) que chaque matin est et sera différent chercher

l’infinitif définitif et durable de la respiration contre la nuit obstruée contre la nuit il faudra

trouver un autre ton pour taire ce qui déjà nous tait (est et sera différent)

trouver la nuit contre la nuit sans cesse le corps contre le corps trouver

(est et sera différent)

respirer

 tandis que jusqu’au plus profond de la nuit jusqu’au plus profond (tandis que) des éclats et des agglomérats de tandis que jusqu’au plus profond de l’obscur qui nous travaille à notre insu tandis que l’obscur tandis que ça travaille et malgré l’envahissement des voix l’envahissement des cris et des discours et des régimes à vide et l’envahissement dans cette nuit et malgré dans l’envahissement de la langue la nuit l’obscur tandis que ça n’a jamais cessé jusqu’au plus profond de la nuit ça n’a jamais cessé et dans la gorge et dans les poumons et ça n’a jamais cessé jusque dans ce je qu’il faudrait taire ce je dans la nuit qu’il faudrait taire tandis que l’on ne peut plus que l’on ne veut plus (l’envahissement) ça n’a jamais cessé (que l’on ne peut plus) dans ce je et sa disparition au sein de tous les je travaille le je au plus profond de l’obscur qui me travaille ça n’a jamais cessé dans ce tassement sur soi ce tassement de la langue (ne peut plus) sur la langue (ne peut plus) ce tassement de je suis tu es et ça reste et ça reste et ça érige le mur des syntaxes ça érige le mur et les je suis comment il faut atteindre un je suis qui ne sera ni je suis ni j’étais ni je serai au plus profond de la nuit ses remous (ses circulations) ses agencements d’espaces concédés isolés réservés en espaces concédés isolés réservés je dis je mais dans ce je à moitié prononcé transparaît un nous dans toutes ses éventualités je dis je et l’obscur me travaille comme il te travaille (chair et os) je suis avec vous (chair et os) nous sommes ensemble (chair et os) mais seuls toujours seuls dans l’obscur (chair et os) (le je ne serai jamais) et malgré les mots que nous échangeons nous sommes sans cesse enfermés dans l’individualité d’une parole et d’un corps j’ai toujours cherché cette solitude prise dans toutes nos solitudes j’ai toujours cherché avec toi le sang le foutre la merde et la jouissance personnelle dans cet immobilisme nommé corps viande et langue sans jouissance et pénétrer le mur de silences le mur de nous nous taisons à chaque parole (solitudes) tandis qu’eux dehors nous taisent du dedans du fond de chaque nuit recommencée (eux dehors) pénétrer le mur de silence pénétrer le mur de corps le mur de je cherche ta main et c’est ta langue que je trouve dans les amas de toutes les langues trouvées et à recommencer et à trouer nous parlons mais parler est toujours parler seul parler contre parler la viande qui ne peut plus parler le corps déjà-mort et plein alors qu’il faudrait parler vide parler contre l’envahissement des parlers parler contre le corps qui ne parle pas dans cette nuit qui ne parle pas et cet obscur qui travaille la chair et le poumon au plus près au plus près du vide et de la circulation vide de nos respirations (au plus près) j’en suis là avec toi dans cet obscur qui travaille et je me dis qu’il faudrait que l’on baise pour sortir du mouvement de ça revient et ça revient et ça ressasse il faudrait que l’on baise pour que la langue ne parle plus la langue mais le corps mais le vide mais le trou mais la sueur et le geste mais un halètement du vivre encore et malgré encerclés dans le bruit des bottes et des images les agencements programmés de chaque son et chaque sens il faudrait que l’on baise dans un monde programmé pour que tout cela cesse dans ma nuit qui ne cesse pas lorsque nos langues trouées inventent nos corps à trouer dans cette nuit qui ne cessera pas au plus près de nos hoquets du vivre

 

et lorsque je dis je ce n’est jamais moi qui parle mais cet amas qui érige le mur du vivre malgré et me travaille à mon insu (cet amas) lorsque je dis je il me faut chercher à sortir du je fixé par tous les autres je possibles et ressassés au fond de la nuit qui s’échoue (échappe) nous sommes et au sein de ce nous sommes (au fond) il y a des malangues refusant le je de la langue pour parler oui parler le je dans le je (de l’obscur qui nous travaille) il nous faudrait baiser dans la langue baiser dans le je qui dis je au plus près d’un nous baiser dans les trous de la langue baiser dans le parler le trou du réel nous sommes là à baiser à dire je alors que le je devient le trou du je et cette nuit sans cesse cette nuit qui s’échoue et me baise quand a-t-elle commencé cette nuit de la langue qui me baise et pourtant quand malangue (me baise) dit je suis/ne suis pas j’aperçois ta cuisse ta bouche ton ventre et nous baisons mais ce n’est pas assez ce n’est jamais assez tandis que nous sombrons dans la nuit tandis que notre viande se désagrège dans l’effort et l’immobilisme (dans l’effort immobile) tandis que notre viande se désagrège alors que nous baisons (notre viande) pour exister quand je dis je il faudrait connaître le jet hors de soi le jet de l’expiration le jet du corps de la parole qui baise le jet violent hors de soi vers toi vers les trous qui vivotent entre chaque discours chaque publicité chaque image chaque poème qui veut baiser quand je dis je il faudrait trouer les trous crever le poème crever la poésie oui la poésie n’existe pas la poésie baise la poésie est le trou où nous baisons avec la malangue quand je dis je il faudrait crier comme aucun cri comme aucune langue n’a jamais baisé tu te tiens là et je suis en face de toi et nous baisons et nous façonnons nos paroles et nos paroles nous façonnent à leur tour combien de formes un homme peut-il prendre combien de formes une forme peut-elle prendre dans cette nuit qui n’en finit pas combien de formes faut-il prendre pour créer le trou dans le trou de la nuit et de l’obscur et de la paupière et des années et des années lorsque nous parlons ce sont les années qui (nous) parlent et nous hachent et nous bouffent lorsque nous parlons nous cherchons sans cesse un autre corps à habiter ou à baiser au plus profond de la nuit

 

et ça ne cessera pas et ça ne voudra pas et il faudra bien (dans le ça ne cessera pas) trancher cette artère de l’obscur qui dans mon œil irrigue encore ta présence irrigue ça ne cessera pas des années oui des années ça irrigue des années que je cherche un corps dans un corps dans un corps en mouvement puisque le mouvement n’existe pas puisque le mouvement est toujours mouvement insaisissable mouvement en-dehors de cette langue qui travaille à notre insu toujours mouvement qui fait que la parole demeure dans l’informe des années (à notre insu) que ça voudrait trouer toujours mouvement jusque dans nos murs jusque dans nos crânes qui accueillent ces murs pour ne plus jamais et ça ne cessera pas ça ne cessera jamais sans un corps qui parle le corps qui baise et la viande qui palpite toujours en souffrance ça s’effrite

 

c’est venu un jour oui c’est venu sans doute un jour (sans doute) comme un hoquet un étouffement un bégaiement (sans doute) oui c’est venu un jour dans un bégaiement jeune trop jeune pour ne pas connaître la brisure qui (jeune trop jeune) végétait jeune trop jeune entre deux syllabes c’est venu jeune oui jeune dans un étouffement du corps et de la pensée dans un étouffement et la recherche d’une respiration c’est venu jeune oui jeune dans ce je qui s’enfonçait un peu plus toujours un peu plus toujours un peu plus toujours un peu plus dans le je de tous les je c’est venu dans la nuit sans air et l’obscur de tous les jours dans les fracas silencieux d’une époque (un étouffement) d’une politique d’une langue englobante et dévorante c’est venu jeune trop jeune dans les fracas dans la pauvreté rampante dans la faim et les jours qui derrière les nuits ne transparaissaient pas c’est venu tu sais c’est venu non pas de la bouche mais du ventre tu sais de la cage thoracique des poumons c’est venu des muscles et de la langue qui est un muscle tu sais c’est venu non pas de la bouche mais du sexe du ventre du sang et du foutre c’est venu tu sais c’est venu (un muscle) tu n’étais jamais loin nos corps se mêlaient déjà avec nos langues déjà oui c’est venu dans un étouffement un bégaiement qui faisait barrage à cet obscur qui nous travaille (livres journaux télévisions habitudes) c’est venu dans un bégaiement c’est venu soudain dans un appel d’air c’est venu ça n’est jamais reparti ça n’est jamais (reparti)

 

c’est venu un jour oui c’est venu dans l’ordre des choses les désordres du monde c’est venu un jour (en désordres) oui c’était dans l’ordre ou le désordre des choses oui c’est venu un jour et ce n’est pourtant pas une chronique que je voudrais écrire ici non pas une chronique mais une déconstruction de l’événement (du temps de l’événement) qui un jour est venu une déconstruction de tout le corps étouffant étouffant étouffant puis enfin respirant dans un événement dans un espace et un temps respirants (c’est venu un jour) dans la pensée de il faut trouver le je dans le je et l’effort physique de la profération l’effort dans la douleur la sueur l’essoufflement dans l’espace l’endurance et le sang quand je parle c’est ma viande dans le couperet des secondes et des respirations quand je parle c’est ma viande dans le couperet du sens axiomatique quand je parle c’est une douleur quand je parle c’est tout le corps une douleur qui avance et qui tremble dans la nuit dévorante (une douleur dévorante) c’est tout le corps (sa viande) qui se met en marche dans les possibles du corps-langue c’est tout le corps qui va vers ton corps et ça n’a jamais cessé au plus profond de la nuit ça n’a jamais cessé le geste et la phrase le geste qui devient phrase la chair qui cherche sa propre syntaxe (ses propres combinaisons) jamais la même comme la viande vivante et palpitante et souffrante (comme la viande) n’est jamais la même et le sang qui circule sans s’arrêter dans la viande lorsque je me tais j’atteins l’extrême de ma viande l’extrême de la phrase l’extrême du corps et de la vie lorsque je me tais c’est la boucherie de la mort qui rôde dans nos silences toujours temporaires lorsque je me tais je deviens (systole-diastole)

 

dans cette nuit qui nous (dés)articule qui plie nos corps au bon vouloir de ses impossibilités et de ses attentes qui plie nos corps là où aucune pliure ne pourrait cette nuit promesse (pliure) d’une autre nuit toujours identique oui cette nuit qui a pu nous l’offrir qui a pu dans cette nuit et je t’anéantis dans ma langue (qui a pu) et je m’anéantis avec une malangue dans la langue je m’anéantis avec une malangue qui nous met en pièces dans toutes les syntaxes inventées c’est la viande qui parle au plus profond de l’obscur c’est venu c’est toujours venu dans le fracas silencieux des jours le fracas silencieux de la viande souffrante et les muscles qui palpitent dans un souffle c’est venu c’est le corps qui transparaît et ses gestes et ses douleurs dans la nuit c’est toujours venu dans un manque et un refus c’est toujours venu oui toujours venu de la résistance à cet obscur qui nous travaille

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 {GUY VIEILFAULT}

 LOLITA

 À Vladimir  Nabokov

 

Fallait-il que l’été, trop belle

Enfant, fût d’azur engorgé

Et qu’au tilleul mûr assiégé

D’abeilles, nos songeries d’ailes

Fussent pourvues, comme hirondelles,

 

Pour qu’aux brûlances de ce mois,

Reniant tes manières d’infante

En jeux que l’innocence invente

Tu m’offrisses, sous ton harnois,

Vaincue, tes nubiles émois.

 

Sésame, ô terre hospitalière !

Ouvre-toi, me reconnaissant !

Mes doigts, sur ce mont pubescent,

Erraient, impudents condottieres.

Miellées, tes moiteurs axilliaires

 

Fleuraient, haleines de nymphées

Humées aux boucles paresseuses

De tes bras relevés. Joueuse,

Dessus ton buste dégrafé

L’ombre empreignait ta peau café

 

Des  mille ocelles des panthères,

Clairs-obscurs furtifs l’émouvant,

Et, ta gorge se soulevant,

Tel qu’un fauve se désaltère

Je lapais ton jeune mystère,

 

Ivre de ce philtre ingénu.

Sur ta planète adolescente

Tu m’initiais – flexe mutante,

Toute de fougue contenue -

Aux arcanes de ton corps nu

 

Mais t’insouciais, ô passe-rose

Ouvrant son calice au matin,

Des noirs auspices du destin

Te prédisant, à peine éclose,

L’inéluctable anamorphose. 

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« Et la porte du temps ouverte entre tes jambes

La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre. »

Paul Eluard

 

LES AUBES GRISES

 Pour l’Éboueur au bonnet rouge

 

Je réveille leur ville où ma rancœur s’épanche,

Si loin de toi dormeuse aux bras tôt délacés,

De tes ténèbres  -las !- abreuvé pas assez

Car mes pensées toujours se posent sur ta hanche.

 

Dors, volute embrassant le tronc puissant des nuits,

Ma rieuse statue aux colonnes d’ébène !

Robot fétide empreint du souffle de la benne,

Je m’engrène pour toi de fureur et de bruits

 

Et bascule sans fin vers d’obscures entrailles,

Au ventre flatulent de ce Moloch grossier

Dont la rouille flétrit les molaires d’acier,

Le tumulte suintant d’étrangères ripailles.

 

Dors, ô mon fleuve noir des livides matins

Pour mes vouloirs brutaux accueillante rotonde,

Toi, dont la lèvre humide, et plus douce que l’onde,

Rosit comme corail des océans lointains !

 

Je me veux voyageur gravissant tes collines,

Découvreur de sentiers pour mes sens interdits,

Celui-là qui s’abreuve à l’eau de tes non-dits

Sous les palmiers d’ailleurs de mes nuits orphelines.

 

Lors, en toi j’oublierai l’horrifique chariot

Pendant que sous mon poids, noir mamba, tu te cabres,

Et nous écouterons, loin de l’arbre à palabres,

Renaître en petits bruits les psaumes du griot.

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FAVELAS

{Rio de Janeiro,  2009}

 

La ville s’assoupit et les seins soulevés

Des collines sans nom allaitent le silence.

Quelque part, dans la nuit, comme une fulgurance

Un cri s’élève et meurt, appel inachevé,

Râle d’une agonie ou de pauvre jouissance.

 

Naufragés des taudis, à l’heure où le sang bat

Dans le déhanchement de noires bacchanales,

Des marins de sueur à l’arrogance mâle

Cueillent à pleines mains au rythme des sambas

Les croupes ondulant d’aphrodites vénales.

 

Dans ces jeux de l’amour où les bandit-manchots

Pour vingt dollars froissés dans la main qui transpire

Ouvrent la fille offerte, avide tirelire,

On ne sait qui se perd, Carlota ou Sancho,

Quand l’aube ensommeillée dans le brouillard s’étire.

 

Comment peut-on aimer, dis-moi, par quel credo

Insensé balisant  ce chemin de détresse

Peut-on quérir en l’autre, inaudible déesse

D’un Olympe embrassé par le Corcovado,

Les éthers frelatés d’une infinie tristesse ?

 

Des favelas de suie on devine, incertains,

Des corps se mélangeant ainsi que des racines

Dans l’humus d’un délire où l’âme s’hallucine.

Et quand s’évanouit la ronde des putains

La cité ouvre un œil en l’aurore assassine.    

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FEMMES DU TEMPS PERDU

 

À Toulouse-Lautrec

 

Si j’aimais, malgré moi, chez quelque entremetteuse,

Femmes à demi-nues sans joie vous dévêtant,

La malsaine pâleur de votre chair menteuse

C’est que me pesait trop le vide de l’instant.

 

Aux chambres tapissées des fleurs de solitude

Où vous rouliez serré le coton de vos bas

Je goûtais, inexpert, la fausse plénitude

De vénales amours ahanant, le front bas,

 

Dans l’acide moiteur d’étrangères aisselles

Que ne  savaient celer d’entêtants patchoulis.

Et le palier soufflait l’haleine de vaisselles

Glissant dessous la porte au gré des vents coulis.

 

Tant je vous ai connues, en vos humeurs rassises

Quand vos seins rencagés closaient nos rendez-vous,

Et tant sont demeurées vos caresses précises

Qu’en mes heures d’ennui je me parle de vous !

 

N’êtes-vous plus, ce jour, mes grisailles d’eau-forte

Ocellées sur le lit par des rayons dansants,

Que vieilles égrotant, celles dont la chair morte

Détourne le regard atone des passants ?

 

Ou, pis encor, peut-être – ultimes pestilences ! -

Cette innommable fange au tréfonds d’un caveau

Suintant du bois disjoint où geignent vos silences

Alors qu’aux soleils d’août fleurit l’amour nouveau ?

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{ALEXANDRA  BOUGE}

 

 À table

 

Lorsqu’elle lui posa la question de savoir

Au milieu du repas

Si au début de la cuisson

La viande était fraîche

Elle répondit que non.

L’avait fait flamber pour pas sentir son goût

La roula, la déplia, lui planta des coups de couteaux, rapides et nombreux comme les piqûres d’abeille

Elle prit le couteau ; la fourchette ne voulait pas de sa main

Se planqua sous la table

En train de marmonner : mais qui suis-je, qui suis-je pour qu’on me tache avec du sang dilué, cuit, sali de sel, poivre et je ne sais plus quoi, sorti des flacons tenus par la main qui se faufile, transparente, inconnue, aux doigts osseux, longs, frêles, pâles comme une vision, comme toutes les mains posées sur cette table qui vont m’employer au cours de leur funeste repas.

 

 

 Rengaine

 

Les uns sur les autres, les uns dans les autres

Oui mais à l’autre bout

Les uns délabrés au bout, rejoignons-les

Les autres sur les toits jouant à colin-maillard

(Ensemble) des amis et conseillers

Les uns dans les autres

Je suis là, dit-elle à voix basse

Le temps de faire un rot

Le temps de scander la même rengaine

 

 

 La ville de glace

 

la ville de glace se brise

la ville se brise

la ville est de glace, la ville se terrorise,

une ville de pollution

polluée,

la ville elle secoue les cœurs, je m’rends malade 

la ville polluée

la ville malade

anémiée

ville détruite

ville malade,

ville de pauvres,

ville de glace

sépulture

désossée

ville de gens morts, ville vétuste, éradiquée, ville polluée, éradiquée ville de sang, ville polluée,  ville de pollution, ville de glace, ville d’éclat, de glace, de pollution,  d’éclat

 

du haut des gens

sa tête, 

scrute les passants, les gens la foule des déshérités

un homme dans la foule s’arrime, la foule guette un faux-pas, une petite absence pour le jeter, ne pas le voir mourir

ne pas voir mourir,

la foule, la foule de piétons, la foule de gens

 

cet homme

la foule se noie

elle s’arrime, se noie

on s’arrime

les gens s’arriment,

les gens s’arriment

un homme qui s’arrime

un homme s’arrime

un homme s’arrime

un homme s’arrime

la ville est propre,

dans cette ville qui se noie,

un homme s’arrime

 

un homme est là

un homme est là

homme qui s’arrime

un homme est là

un homme est là

homme qui s’arrime

homme est là

un homme qui est là

un homme est là,

sur les bancs un homme est là

un homme est là

un homme est là

un homme est là

un homme

sur les bancs on meurt,

un homme

un homme est là

cet homme un homme est là

homme est là

un homme

dans la ville

un homme est là

 

sur les bancs vides

sur les bancs des gens

des gens

des bancs

un homme est là

les gens, les gens,

sur des bancs

 

sur les bancs en pierre un homme meurt

sur les bancs en pierre un homme meurt

sur les bancs des hommes meurent

sur les bancs en pierre de pierre

sur les bancs de pierre

sur les bancs on meurt 

homme est là

sur les bancs

on meurt

on meurt

on meurt

 

 ο

 

 Une nuit à Belleville

 

le temps explose

il s’oxyde et blute des gouttes

et je m’étire dans le temps

pour un peu je lui cracherais

j’ai le vent en poupe

pour un bon bout

j’ai les souris qui me morflent le cul

le temps qui se sépare ;

j’amène des objets, je ramasse 

 

les gens s’en emparent ; 

il sape le temps mon temps est fini

et j’ai le vent en poupe

et l’on se prépare au combat

 

les gens passent

dans les rues on morfle

on passe dans les rues, calmes

on morfle, les rues sont calmes

les gens amènent, ils amènent les restes

les gens n’aiment pas

on s’amène tous pour délirer un coup…

les gens s’amènent

ils m’embarquent

on s’amène dans les rues calmes

 

on s’amène dans les rues

ils me prennent par les deux bouts 

sur l’asphalte mouillé de ton sperme

qui vont dans le camp de mon enfance

au trottoir mouillé de ton sperme

enculée, enculée

la nuit le jour « comme tu veux » je suis la pute de belleville

la nuit le jour, je mords des queues,

là j’ai belleville dans la peau

dix balles la passe je fais la pute à belleville

je morfle des queues,

par une nuit solaire

dans un renfoncement la nuit je me fais peur

 

la nuit belleville ronfle.

les gens marchent dans les rues on est mort la rue les gens prient

on y va

les rues de belleville les gens ont peur,   on marche dans les rues, belleville est tendre on s’attend à pire

belleville est morte

les gens viennent la rue est calme

on fait le trottoir à belleville

on morfle,

la rue

 

les gens morflent, on morfle, on regarde la rue les gens sont morts

la rue est vide

la lune est livide les gens se pâment

la rue est livide, les gens, la rue est livide

la nuit est livide

les rues sont calmes

 

les rues sont amovibles, les rues sont calmes on s’came, les rues s’calment

j’ai trois roues et de la came j’ai de la merde dans mon sac, t’en veux ?

belleville est rance belleville est rance

la rue est chaude,

les gens morflent, la rue est livide  belleville est chaude

les putes se font rares tout le monde est chez soi, Belleville dort

la rue est calme là l’aurore les putes se font rares,

la nuit est blême, les routes sont auto ferrées, 

elles sont sales

la route est une pute la route se pâme

la nuit est blême la nuit de belleville, la rue est blême la route est blême

belleville morfle et la nuit est blême, les rues comptent leurs morts

la nuit est calme

la nuit est blême, belleville est morte

la rue est livide, les rues se pâment 

les nuits à Belleville

on morfle dans les rues

on marche, les rues sont calmes, les rues livides, la nuit blême,

la rue est vide

la nuit belleville est morose

belleville est morte

la rue est blême.

belle les gens morflent

on passe, on coupe, elle a le visage blême

la nuit est morte

la nuit est belle sous les coups

belleville la morte

se pare de son voile irradiant

la nuit est tumultueuse la nuit est morte

la nuit morte

on morfle, la rue est blême

la rue est morte

les gens se pâment sous les coups, regard révulsé

la femme est blême sous les coups ; la rue est livide, les gens morflent, les gens se pâment, la rue est livide la rue est livide ; 

elle est blême

les années passent ; la nuit se dépose sur belleville

la nuit est livide, la route est livide ; les routes sont coupées, elles irradient

la rue est blême les routes irradient d’un rouge incandescent ;

la route est noire à belleville

la nuit est blême

elle est incandescente.

la route est calme ; la nuit est brève dans ses pantalons,

la nuit qui passe, embarque Belleville diaphane

il la baise

belleville regarde la nuit

et une fille

la nuit est une belle fille, elle est livide, les gens se pâment, et la nuit est déserte

on ramasse les morts

belleville la terne 

belleville se pâme elle lèche le trottoir

la nuit passe ; belleville est livide, 

la nuit amène son lot de consolations

la nuit noire est une morte sous son voile diaphane ; 

belleville irradie

dans une maison de santé enfermée

belleville la morte

se pâme sous les regards étrangers

la rue est livide, belleville est sous la mort ; les gens marchent dans les rues

les gens se pâment les rues sont désertes par cette nuit du meurtre ; par cette nuit de meurtre

les gens sont partis loin

belleville mène la danse

la rue est livide,

belle ville est morte les gens ont pris la fuite la nuit est blonde ; la vie halète à la surface ; la nuit est livide, les nuits n’ont pas de fin, dans belleville l’âcre ; belleville se pâme, la ville est blanche la nuit est blême ; la nuit est diaphane ; les rues de Belleville sont mortes, belleville est livide, les rues de Belleville sont livides

la nuit

les rues sont livides, les gens morflent, la nuit est déserte, la route est livide, les routes livides, s’éclate ils morflent, les gens morflent Belleville morfle  c’est calme la nuit

la nuit se pâme les gens s’amènent, belle est vide, la nuit c’est calme à belleville

les rues de belleville sont calmes la rue de belleville

la nuit est blême ; livide, la nuit est blême,

la nuit est blême, la nuit blême

la nuit est de glace, les gens s’éclatent

la route de belleville est calme, la nuit, diaphane, la nuit est diaphane ;

la route est livide

cette nuit est de fer

la nuit est diaphane, cette nuit est de glace ; la nuit est blême ; la nuit est calme,

la nuit dans belleville

les gens sont blêmes, les routes sont cassées la came poudroie

la route on regarde la route

la nuit se déchire

belleville est blême

la nuit se déchire

les gens marchent la nuit ;

la nuit est belleville ; la nuit était limpide ; belleville est calme   la nuit belleville est à feu et à sang, la nuit belleville est calme

la rue est livide,

la nuit est livide, la nuit est livide

la nuit est calme, les gens sont livides

les routes sont violettes les sous routes sont diaphanes ; les gens sont livides, la route est blême

les routes sont coupées, les gens morflent, la rue est vide

 

dans les rues de belleville, les gens chantent, les gens regardent la télé, ils marchent blêmes dans la rue,

les rues sont des impasses,

la nuit les gens marchent

 

un homme marche, les étoiles s’étalent dans la nuit,

dans les ombres orange

il bat la camp

la camp est triste

la campagne vide

un homme est sur la route

la route, rue est blême.

____

© Népenthès & les  auteurs

 

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